Le symposium Palms 2010
IRD (Institut de recherche pour le développement)
EUNOPS (European Network of Palm Scientists)
CNRS (Centre national de la recherche scientifique)
Inra (Institut national de la recherche agronomique)
29/03/2010 - Communiqué de presse
Le symposium international Palms 2010 se tiendra au Corum de Montpellier, du 5 au 7 mai 2010. Organisé par le Cirad et l’IRD, avec le soutien de la Région Languedoc-Roussillon, de la Fondation Agropolis, de l’Agglomération de Montpellier et du réseau européen EUNOPS, Il a pour objectif de rassembler l’ensemble des scientifiques de toutes disciplines impliqués dans les recherches sur la biologie des palmiers.
« Les palmiers ont été appelés « Princes des végétaux » par Linné. Ils détiennent tous les records » explique d’emblée Alain Rival, chercheur au Cirad. Il faut dire que la famille des palmiers (Arecaceae) est un groupe distinctif de plus de 2500 espèces avec une grande multiplicité de formes et divers habitats.
La plus grosse graine, la plus longue feuille et la plus grande inflorescence de tous les végétaux, sont produit par des palmiers. Les Arecaceae occupent une place à part dans le monde végétal : ils sont répartis en plus de 200 genres dans les régions tropicales, subtropicales et tempérées chaudes de l’Afrique aux Amériques et à l’Asie.
Les plus anciens fossiles de palmiers datent de 120 millions d'années. Vénérés par toutes les civilisations autour de la Méditerranée, ils symbolisent l'arbre de vie, la fécondité et le succès. Les palmiers font partie intégrante de l’écosystème tropical ; ils prospèrent également dans les zones au climat subtropical humide ou méditerranéen, semi-arides et arides de plaines.
Les palmiers font aussi partie des plantes les plus utiles dans l'économie agricole des pays des zones tropicales, où ils ne sont dépassés en importance que par les graminées. Les fruits, noix de coco ou dattes sont depuis des millénaires des aliments de base des populations vivant sous les tropiques.
Compte tenu de leur richesse en espèces et de l’extrême diversité des habitats occupés par les Arecaceae, l’étude de leur biologie intègre bon nombre de disciplines, allant de la paléobotanique à la systématique, en passant par l’agronomie, l’analyse du génome ou l’ethnobotanique.
«Ces herbes géantes ont traversé l’évolution depuis 120 millions d'années et colonisé tous les écosystèmes »
précise le chercheur. Les palmiers ont en effet de tous temps accompagné les migrations humaines. Les dattes ont nourri les caravaniers tandis que les noix de coco servaient de lest sur les bateaux marchands et étaient ensuite abandonnées dans les ports, flottant à l’aventure et assurant la dispersion de l’espèce…
Aujourd’hui les représentants de la famille des palmiers ont colonisé tous les milieux, des déserts arides aux forêts tropicales humides. Les fonctions botaniques et économiques des palmiers sont par ailleurs immenses : bois de construction, rotin, fibre de coco, exploitation alimentaire des fruits (dattes, noix de coco), des fruits médicinaux, de l’huile de palme.
« C’est aussi une famille de plante à forte dispersion, capables comme le palmier dattier de résister à des conditions extrêmes de température et de sécheresse. On l’utilise comme modèle pour étudier les changements climatiques globaux ».
Au Cirad, l’UMR AMAP (botA nique et bioinforM atique de l'Architecture des Plantes) utilise le palmier et son architecture originale dans ses recherches en modélisation. Une thèse est également menée sur l’insecte
Paysandia archon qui ravage les palmiers méditerranéens. En 2009, le Cirad créait sa filiale
PalmElit spécialisée dans la production et la diffusion de variétés améliorées de palmier à huile.
Au delà de la tradition portée par l’Ecole Montpelliéraine de Botanique depuis Richer de Belleval, Magnol et de Candolle, puis par des travaux fondateurs en botanique tropicale portés par le Prof. Francis Hallé et son équipe, nombreux sont les chercheurs montpelliérains qui dirigent leurs efforts sur cette famille de plante. Aujourd’hui, non seulement le Cirad et l’IRD, mais aussi le CNRS, l’Inra et l’Université participent à des recherches sur la biologie des palmiers. Cet héritage botanique et le rôle séculaire de la région dans les échanges scientifiques autour de la Méditerranée font de Montpellier un lieu privilégié pour l’organisation d’un événement international destiné à rassembler et encourager les échanges entre des chercheurs d’horizons disciplinaires très divers.
Le symposium international Palms 2010 constitue donc le point de départ indispensable pour initier et consolider des réseaux, initier des partenariats bilatéraux ou internationaux et pérenniser des collaborations scientifiques. Ces rencontres rassembleront environ 200 étudiants et chercheurs de toutes les disciplines scientifiques, pour trois jours de conférences et de présentation de posters, dont une journée de plénières et deux journées de sessions parallèles dont voici les thématiques :
• taxonomie
• évolution
• biologie de la reproduction
• agronomie
• génétique et génomique
• biogéographie
• ethnobotanique
• agrobiodiversité
• biotechnologies
• palmiers méditerranéens.