01/02/2011 - Communiqué de presse
A l’occasion du lancement de l’Année des forêts par l’Onu le 2 février 2011, le Cirad vous présente ses principaux projets de recherche menés dans le domaine des forêts. Objectif : préserver les forêts et les intégrer aux paysages et aux différents systèmes de production.
Les principaux projets de recherche présentés ci-dessous sont organisés par thématiques :
En Afrique centrale, le projet Makala teste différentes techniques pour approvisionner durablement en bois-énergie les 10 millions d’habitants des villes de Kinshasa et Kisangani, tout en limitant l’impact sur les forêts : enrichissement de parcelles de forêt dégradées, création de plantations villageoises, amélioration des techniques de fabrication de charbon de bois.
Une des spécificités du Cirad pour la recherche forestière est d’impacter des politiques d’aménagement en particulier la gestion durable des forêts de production. Par exemple en République Centrafricaine le projet d'appui à la réalisation des plans d'aménagement forestiers (Parpaf) accompagne l'administration et les industriels de la forêt pour la conception puis la mise en œuvre des plans d'aménagement de toutes les concessions forestières du pays. Depuis le démarrage du projet, en 2000, la totalité des concessions bénéficient aujourd'hui d'un plan d'aménagement.
A Madagascar, depuis le début des années 2000, la loi Gelose (Gestion locale sécurisée) permet à l’Etat de décentraliser la gestion des ressources naturelles au profit des communautés locales. Dans le cadre des projets Gesforcom et Cogesfor, le Cirad et ses partenaires malgaches accompagnent les communautés, les communes et les régions concernées, pour mettre en œuvre cette nouvelle politique et pour développer des filières de valorisation de produits forestiers : bois d’œuvre, charbon de bois, raphia, huiles essentielles.
A l’échelle industrielle, le projet Gasifier for access to energy in emerging and developing countries développe un réacteur de gazéification de biomasse lignocellulosique (principalement du bois) adapté aux pays du Sud, pour produire de l’électricité de proximité. Les partenaires du projet sont deux industriels et deux centres de recherches, dont le Cirad.
A l’échelle locale, le projet Bioenergelec va installer dans six communes rurales de Madagascar des centrales à vapeur qui produiront de l'électricité soit à partir de déchets agricoles (balles de riz ou rafles de maïs), soit de déchets de scieries.
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La pyrolyse est un traitement thermique du bois à plus de 350 degrés, en l’absence d’oxygène. Elle permet d’obtenir un carbone végétal liquide adapté à diverses applications industrielles. Le Cirad et ses partenaires brésiliens mènent des travaux de recherche sur les bois d’eucalyptus, afin d’établir les relations entre caractéristiques du bois, paramètres de la pyrolyse, rendement en carbone végétal et qualité du produit.
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En Amazonie brésilienne, les paysans défrichent régulièrement la forêt pour trouver des sols plus fertiles et maintenir leurs rendements. La préservation des forêts passe donc aussi par un changement des techniques agricoles dans les exploitations familiales. Le
projet Floagri teste des itinéraires techniques alternatifs le long de la transamazonienne, au Pérou et en Equateur, pour mettre en place une agriculture durable sur des surfaces limitées.
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Le Cirad s’investit dans la domestication d’espèces agroforestières productrices de fruits, comme l’arganier au Maroc ou le karité en Afrique. Divers modes de multiplication végétative ont été utilisés avec succès pour cloner de vieux arganiers sélectionnés par les habitants pour la qualité de leurs fruits. Des variétés paysannes de karité sont également identifiées et sélectionnées pour les propriétés de leurs corps gras.
En Amérique centrale, en Afrique de l’Est et en Inde, le projet Cafnet tente d’améliorer les revenus des caféiculteurs qui cultivent leurs caféiers à l’ombre des arbres et préservent ainsi des systèmes riches en biodiversité. Il facilite leur accès à des marchés rémunérateurs et à des paiements pour services environnementaux rendus. Le projet fédère des chercheurs, des producteurs, des organisations non gouvernementales et les grands acheteurs de la filière café.
Le projet Coforchange a pour objectif d'expliquer et de prédire les évolutions des forêts du Bassin du Congo sous l'effet du changement climatique et de la pression humaine. Il s’appuie sur l’étude écologique de 4 millions d’hectares de forêts et sur l’analyse historique du climat et des actions humaines depuis 4 000 ans. L'enjeu est d'améliorer l'efficacité des politiques publiques et des programmes de conservation de la biodiversité.
Le Cirad utilise la télédétection pour surveiller la forêt. Les images prises par satellite fournissent de nombreuses informations : compréhension du fonctionnement des forêts, cartographie de zones inaccessibles, mesure d’impact de l’activité humaine, surveillance du réseau de pistes et des trouées d’abattage. Le Cirad a notamment mis au point avec l’Office national des forêts un outil de surveillance automatisée de l’orpaillage illégal en Guyane.
En Amazonie, en République centrafricaine et en Indonésie, le Cirad a mis en place des dispositifs permanents d’étude de la croissance des peuplements forestiers naturels. Ces dispositifs permettent d’établir dans quelles conditions et à quel rythme le stock des espèces forestières ayant une valeur économique se reconstitue après exploitation. Des règles de gestion durable peuvent alors être établies, agréées par les pouvoirs publics et mises en œuvre par les industriels.
De nombreuses forêts tropicales abritent des espèces d'arbres endémiques, c’est-à dire présentes dans une aire géographique très limitée. Paradoxalement, ces espèces ont été peu étudiées. A Madagascar, les chercheurs ont montré l’
existence d’échanges génétiques entre espèces endémiques de baobabs. Ils étudient le lien entre ce phénomène et la capacité de colonisation par les baobabs de nouveaux territoires ou leur adaptation aux changements environnementaux. Les résultats serviront à orienter les stratégies de conservation des espaces forestiers où vivent les baobabs. Des travaux similaires sont conduits sur d'autres espèces comme le karité, emblématique des savanes sahéliennes, ou l'angélique des plateaux des Guyanes.
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Les eucalyptus contenant un taux élevé de lignine sont les plus recherchés pour la production d’énergie. Le Cirad étudie les gènes responsables de la production de la lignine et identifie les arbres qui en renferment la plus grande quantité. Les eucalyptus présentant les combinaisons de gênes les plus favorables sont ensuite sélectionnés. Un itinéraire du même type est mis au point pour sélectionner les eucalyptus riches en cellulose pour la production de pâte à papier.
Chez le teck, la floraison est terminale et induit une fourche sur la tige principale et les branches. Les tecks les plus recherchés sont ceux qui offrent un bois de bonne qualité avec des troncs sans défaut, notamment l’absence de fourche en dessous de 8 mètres. Les chercheurs tentent de sélectionner des arbres qui fournissent un bois de qualité, poussent vite et fleurissent tardivement pour obtenir les troncs les plus longs possibles.
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Une plantation d’eucalyptus consomme 510 litres d’eau par kilo de matière récoltée, soit une consommation inférieure à bien des cultures classiques, sachant que l'ensemble de l'arbre (hors racines) est valorisé. Le Cirad étudie la consommation d’eau et d’éléments minéraux de l’eucalyptus, pour sélectionner des variétés ayant un impact moindre sur l’environnement.
Les méthodes traditionnelles de carbonisation nécessitent 100 kg de bois pour obtenir 10 kg de charbon de bois. A Mahajanga, au nord-ouest de Madagascar, le projet Gesforcom teste des pratiques de carbonisation améliorées. Ces méthodes permettent de doubler le rendement de la carbonisation et donc de diviser par deux les surfaces forestières exploitées.
Afin d’augmenter la durée de vie des ouvrages en bois sans utiliser de traitements chimiques polluants, le Cirad analyse les composés biologiques présents dans les bois naturellement résistants aux champignons et aux insectes (grignon, wapa, teck, genévrier, cèdre, cyprès). D’autre part, il met au point des nouveaux procédés de traitement du bois ayant peu d’impact sur l’environnement.
Le gaz carbonique est un gaz à effet de serre dont on cherche à limiter la concentration dans l’atmosphère. En Guyane, le réseau Guyafor étudie le stockage du carbone par la forêt tropicale humide et l’évolution de ce stock dans les forêts exploitées. Ces travaux permettront de proposer des modes d’exploitation de la forêt minimisant les émissions de gaz à effet de serre.
Afin de mieux comprendre l’importance des facteurs humains dans la conservation de la biodiversité, le Cirad utilise une méthode mise au point par le Center for International Forestry Research (CIFOR), intégrant sciences sociales, écologiques et économiques. Cette méthode mesure l’importance des ressources naturelles pour les communautés forestières, et permet de prendre en compte les perceptions locales pour proposer des mesures de conservation dans la périphérie des parcs nationaux.
En Amazonie brésilienne, le projet Floresta em Pê soutient les partenariats entre entreprises forestières et communautés d’agriculteurs. Il analyse les conditions pour que ces partenariats soient viables d’un point de vue écologique, social et économique.
Les travaux de recherche du Cirad sont effectués en partenariat avec les tutelles politiques des pays concernés, les centres nationaux de recherche, les organisations non gouvernementales et le secteur privé. Ils sont financés par divers bailleurs de fonds, dont la France, l’Europe, les Nations-unies et la Banque mondiale.