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  • Grippe aviaire : le rôle des oiseaux migrateurs

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Dendrocygne fauve équipé d’une balise satellite avant son relâché, Delta du fleuve Niger au Mali. © Cirad, P. Poilecot

Photo

Envol d’un canard casqué équipé d’une balise satellite, Delta du fleuve Niger au Mali. © Cirad, P. Poilecot

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Liens

Le site du Cirad sur la grippe aviaire

Le site du Cirad sur les oiseaux sauvages et la grippe aviaire en Afrique

Le site de la FAO et de l’OIE sur la grippe aviaire

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Montpellier, France
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Grippe aviaire : le rôle des oiseaux migrateurs mieux connu

20/08/2010 - Article

Les oiseaux migrateurs sont-ils à l’origine de la progression fulgurante de la grippe aviaire qui a fait trembler l’Asie, l’Europe et l’Afrique en 2005-2006 ? Une étude coréalisée par le Cirad apporte quelques éléments de réponse.

Quand la grippe aviaire s’est propagée d’Asie jusqu’en Europe et en Afrique en 2005-2006, les oiseaux migrateurs furent désignés, dans les médias, comme responsables de la dispersion du virus. Pourtant, jusqu’à aujourd’hui on ignorait leur rôle dans cette épizootie. Une étude publiée par des chercheurs du Cirad et leurs collaborateurs apporte des éléments de réponse. Elle montre qu’effectivement des oiseaux migrateurs sont capables de transporter le virus H5N1 sur une distance de quelques centaines ou milliers de kilomètres. Cependant, à l’échelle de l’individu, la probabilité que cela se produise est faible.

Quatre jours sans symptômes

L’étude, menée dans le cadre du programme de la FAO sur la grippe aviaire, a démarré par un passage en revue de données expérimentales d'infection chez les anatidés sauvages (canards, oies et cygnes). La plupart de ces espèces peuvent contracter et excréter le virus sans symptôme pendant plusieurs jours, quatre en moyenne. Un laps de temps durant lequel le volatile est contagieux tout en étant apparemment capable d’effectuer sa migration.

Le plus grand jeu de données

La deuxième phase consistait à récolter des données précises sur les déplacements de ces oiseaux. Elles ont été obtenues grâce à un suivi télémétrique par satellite et constituent à ce jour le plus grand jeu de données jamais obtenu sur les migrations d’anatidés sauvages. Les volatiles ont été équipés de balises capables de renvoyer un signal de géolocalisation capté par satellite. « Nous n’aurions pas pu réaliser cette étude il y a quelques années puisque à l’époque les balises étaient bien trop grosses pour en équiper des oiseaux de la taille d’un canard » raconte Nicolas Gaidet, écologue au Cirad et co-auteur de l’étude. La télémétrie satellite présente le double avantage de suivre les oiseaux dans des zones complètement inaccessibles et sur des milliers de kilomètres. Les scientifiques ont ainsi calculé la fréquence des déplacements et leur amplitude. Ils ont découvert que certaines espèces peuvent parcourir jusqu’à 2900 km en seulement quatre jours. Ces performances suggèrent que les anatidés sauvages aient pu être à l’origine de la dispersion du virus en 2005-2006. Mais « encore faut-il que l’individu soit infecté au moment précis où il commence sa migration » remarque Nicolas Gaidet. D’où la troisième étape de l’étude : calculer la probabilité qu’un oiseau a d’être infecté en période migratoire et donc de transporter le virus sur une longue distance.

Entre réalité et probabilité

Résultat : il n’y a, en réalité, que 5 à 15 jours par an pendant lesquels un oiseau peut disperser le virus sur une distance de 500 km. Cette faible probabilité s’explique notamment par le fait que les anatidés migrent par étapes. S’ils sont effectivement capables de voler sur des centaines ou des milliers de kilomètres, cela ne dure que trois à quatre jours à la suite desquels du repos s’impose. Les oiseaux font donc plusieurs escales assez longues. De fait, soit la propagation du virus s’arrête là, soit il se produit une transmission relais. Ce phénomène de transmission relais devrait probablement faire l’objet de futures études. Mais d’ici là, les données récoltées et le modèle élaboré par les scientifiques constituent une aide précieuse pour les épidémiologistes afin d’évaluer les risques liés à la grippe aviaire ainsi qu’à d’autres maladies transportées par les anatidés sauvages comme le virus du Nil occidental, la salmonellose ou la maladie de Lyme.

La grippe aviaire sévit toujours

La grippe aviaire est toujours présente dans plusieurs pays du Sud. Cet été, une femme est décédée de la grippe H5N1 en Égypte et un autre cas mortel pourrait être confirmé en Indonésie. Le virus est endémique en Égypte et dans plusieurs pays d’Asie du Sud-est où il perturbe la production de volailles et compromet les moyens de subsistance des petits exploitants. En outre, cette endémicité représente un danger pour les pays voisins et constitue une source de virus pouvant potentiellement évoluer vers d’autres formes plus pathogènes pour l’homme.

Chronologie d’une pandémie

- 1997 : premiers cas humains de grippe aviaire H5N1 à Hong Kong. Dix-huit personnes sont infectées, six décèdent
- À partir de fin 2003 : plusieurs pays d'Asie du Sud-est signalent simultanément des cas de grippe H5N1
- Été 2005 : le virus gagne du terrain vers l’ouest jusqu’en Asie centrale
- Automne 2005 : premières apparitions en Europe de l’est
- Début 2006 : premiers cas en Afrique et en France
- Aujourd'hui : 12 pays sont encore concernés par la grippe aviaire.

  • Catégories : Science

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