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  • Gestion du bois-énergie en Agrique centrale

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Meule d’acacias destinés à la carbonisation © Régis Pelletier

Photo

Acacias replantés sur les savanes du plateau Batéké (photo : à gauche), autour de Kinshasa. On voit sur la droite, la savane originelle. © Régis Peltier

Partenaires

  • Cirad
  • Centre for International Forest Research (Cifor), Cameroun
  • Ministère de l’Environnement, de la Conservation de la Nature et du Tourisme (MECNT), Direction du Développement durable et Service national du reboisement, République démocratique du Congo
  • Ecole régionale d’aménagement intégré des forêts tropicales (ERAIFT), République démocratique du Congo
  • Faculté des sciences agronomiques de Gembloux (FUSAGX), Belgique
  • Fondation Hanns Seidel , Allemagne
  • Musée royal d’Afrique centrale Tervuren , Belgique
  • Ministère de l’Economie forestière (MEF), Service national de reboisemen t, République du Congo
  • Université de Kisangani , République démocratique du Congo
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Afrique centrale : mieux gérer le bois-énergie face à une urbanisation galopante

04/06/2009 - Article

Le projet Makala, coordonné par le Cirad, vient de débuter. Destiné à mieux gérer le bois-énergie face à une urbanisation croissante, il sera mené en République démocratique du Congo à travers deux axes principaux : replanter en savane et redonner une valeur écologique aux forêts dégradées.

L’Afrique tropicale luxuriante où les ressources ligneuses se régénèrent à vitesse grand V : l’image est aujourd’hui dépassée tant ces ressources sont exploitées. En Afrique centrale, le bois énergie représente 80 % de l’ensemble des prélèvements de bois des écosystèmes forestiers et assure l’essentiel des besoins en énergie domestique. Ces prélèvements constituent aujourd’hui une cause majeure de la dégradation des forêts, en particulier dans les zones périurbaines. Pour Jean-Noël Marien, « avec l’urbanisation croissante, on a dépassé un seuil de dégradation notamment en zones périurbaines où la principale source d’énergie est le bois ». A Kinshasa, notamment, la population a doublé en l’espace d’une génération pour atteindre aujourd’hui huit millions d’habitants. C’est autant de personnes qui utilisent le bois extrait des forêts.

« Il est nécessaire de pouvoir continuer à approvisionner les villes en bois-énergie »

Comment approvisionner les populations tout en limitant l’impact environnemental sur les forêts ? C’est la question à laquelle devra réponde le projet européen Makala, qui vient de débuter. Makala signifie braise en langue lingala. Le projet sera mené en République démocratique du Congo. Le bois y représente 85 % de la ressource en énergie domestique. L’objectif est de contribuer à mieux gérer la ressource. « Il est nécessaire de pouvoir continuer à approvisionner les villes en bois-énergie car, dans la plupart des villes, c’est le seul mode de cuisson utilisé , précise Jean-Noël Marien. Mais il est aussi possible de diminuer les impacts négatifs sur l’environnement tels que la déforestation ou la dégradation des milieux, des écosystèmes. »

Les chercheurs commenceront par analyser les flux de grumes transportées afin de savoir d’où vient le bois et en quelles quantités. A Kinshasa, par exemple, le charbon de bois peut être extrait à 300 ou 400 km de distance de la ville. Comment est-il transporté ? Combien en consomment les ménages ? Quel est l’impact de ce transport sur l’environnement ?

Forêt dégradée ou seront réintroduites des espèces locales. Au fond : la savane remplace peu à peu d’anciennes forêts. République démocratique du Congo © Régis Peltier

A la suite de cet état des lieux, les chercheurs prévoient d’agir dans deux directions. Dans les zones de savane, il s’agira de replanter, notamment des acacias. « L’acacia est une essence plébiscitée et déjà utilisée par les populations car il s’agit d’un bois de feux efficace qui se renouvelle rapidement », explique Jean-Noël Marien. Pour ce qui est des espaces de forêts très dégradées, l’idée est de leur redonner une valeur écologique. Ceci se fera en réinstallant des espèces forestières traditionnelles locales particulièrement bien appréciées pour le bois énergie. Quelques fruitiers seront également réintroduits afin d’offrir une possibilité de diversifier les revenus.

La sécurisation du foncier : un problème fondamental

Toutes les activités de terrain se feront au travers des associations locales. Cela devrait permettre de travailler sur la sécurisation du foncier. « C’est un problème fondamental qui bloque les initiatives de développement rural , observe Jean-Noël Marien. Il y a conflit entre le pouvoir traditionn el au sein des villages ou des clans, dépositaires traditionnels du foncier, et l’Etat, qui foncti onne par titres de propriétés. » Une meilleure sécurisation du foncier permettra de garantir au paysans leur investissement à long terme. Cela passera par un travail de mise en relation entre les autorités coutumières et

Sacs de charbon, République démocratique du congo © Régis Peltier

les représentants de l’Etat. Les chercheurs espèrent que des règles assez simples pourront en émerger.
Enfin, il s’agira d’améliorer la transformation du bois en charbon et d’augmenter le rendement énergétique. Cette approche technologique n’ira pas sans intégrer une dimension d’appropriation culturelle et sociale des populations.

Le projet, financé à hauteur de 3 millions d’euros, sera mis en œuvre sur une durée de quatre années. Il regroupe quatre acteurs européens et six acteurs nationaux ou régionaux.

  • Catégories : Science

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