Le projet CoForChange s’appuie également sur la participation de plusieurs compagnies forestières privées, mettant à disposition du projet leurs données d’inventaire forestier dans la région.
Sylvie Gourlet-Fleury
Courriel
13/03/2009 - Article
La gestion durable des grands massifs forestiers passe par la connaissance préalable de leur capacité d’adaptation aux changements globaux. Le projet CoForChange coordonné par le Cirad associe huit partenaires européens, cinq institutions africaines et un centre international de recherche, tous prêts à relever le défi.
Défrichements, exploitation du bois, tendance à l’assèchement du climat… l’avenir des forêts du Bassin du Congo, deuxième massif tropical le plus étendu au monde après l’Amazonie, est aujourd’hui incertain. Or, ces forêts représentent une source importante de revenus, de biens et de services pour les populations locales, mais également pour la communauté internationale (biodiversité, carbone). Peut-on, dès à présent, en dessiner les principaux scénarios évolutifs ? C’est le défi que propose de relever le Cirad, associé à huit partenaires européens, cinq institutions africaines et un centre international de recherche, au travers du projet CoForchange, qui vient de débuter.
Analyser les situations passées et présentes pour fournir des scénarios d’évolution à venir
Les investigations porteront plus particulièrement sur la région forestière connue sous le nom de « Sangha River Interval », à cheval sur trois pays : le Cameroun, le Congo et la République Centrafricaine. Cette zone de plusieurs millions d’hectares a connu, par le passé, des épisodes de savanisation qui en font un espace-modèle pour mieux comprendre les relations entre pression environnementale et évolution des formations forestières. Les retombées du projet n’en intéresseront pas moins l’ensemble du Bassin du Congo. En effet, outre la réalisation d’une cartographie complète de la végétation actuelle de la région, les modes de réponse des espèces forestières aux changements globaux seront éclaircis.
La variabilité de ces forêts en termes de structure et de composition floristique, et les causes de cette variabilité, seront particulièrement étudiées. Il s’agira notamment de savoir si elle est plutôt déterminée par le niveau des ressources en eau, sous la dépendance des évolutions climatiques, ou bien par les changements d’exposition à la lumière, liés aux perturbations humaines.
Pour cela, les chercheurs prévoient de confronter les caractéristiques des formations forestières à une série d’informations sur l’environnement physique : relief et sols, disponibilité en eau des sols et sensibilité aux variations du régime pluviométrique. Ils s’intéresseront également aux perturbations survenues au cours des quatre derniers millénaires. Les perturbations anciennes seront évaluées par des recherches sur les pollens, les phytolithes et les charbons de bois. Les perturbations les plus récentes seront caractérisées par l’analyse croisée d’images satellites et d’archives cartographiques. Sur le terrain, les chercheurs entreprendront des inventaires de régénération en vue d’analyser les changements en cours dans la composition des formations forestières. Enfin, des expérimentations complémentaires permettront de préciser le degré d’exigence en lumière et de tolérance à l’ombrage des principales espèces présentes dans la région.
Des outils d’aide à la décision tenant compte de la réponse des forêts aux changements globaux
Les équipes s’appuieront sur ces résultats pour modéliser le futur possible des formations forestières de la région selon différents scénarios d’évolution des pressions climatiques et anthropiques. Au final, le projet fournira des outils d’aide à la décision pour la mise au point de stratégies nationales, régionales et européennes, d’aménagement et de conservation de la biodiversité permettant une adaptation aux changements globaux.
CoForChange a été retenu dans le cadre de l’appel d’offres de l’Era-Net Biodiversa, soutenu par l’Agence nationale de la recherche. Programmé sur une durée de quatre ans (2009-2012), ce projet ambitieux s’inscrit dans la continuité d’autres projets déjà développés par le Cirad et visant à une meilleure gestion des forêts du Bassin du Congo : le projet Foraf, la création d’un observatoire des forêts du Bassin du Congo ou encore le projet Parpaf en République Centrafricaine.
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