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Alain Billand, chef de l'unité de recherche Ressources forestières et politiques publiques

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Alain Billand : « L’aménagement forestier intègre les enjeux sociaux et économiques »

19/10/2009 - Article

Dans le cadre du Congrès forestier mondial 2009, organisé à Buenos Aires par la FAO et la République d’Argentine, du 18 au 25 octobre, le Cirad, précurseur dans le domaine de l’aménagement forestier, fait le bilan de son expérience. Alain Billand, spécialiste de la gestion forestière revient sur les dernières évolutions des plans d’aménagement et les questions encore en débat.

Quels sont les outils d’une gestion durable des forêts ?

Alain Billand : La gestion durable des forêts et leur observation constitue un enjeu majeur de développement pour les populations des régions tropicales. Dans ce contexte, l’outil de référence est depuis longtemps le plan d’aménagement forestier. L’instrument est aujourd’hui bien entré dans les mœurs. Mais il n’en reste pas moins à améliorer. Les dispositifs de recherche du Cirad, notamment en République centrafricaine, sont parmi les plus anciens au monde dans ce domaine. Dans le cadre du Congrès forestier mondial, le Cirad présente notamment un bilan de son expérience. Le plan d’aménagement forestier permet de mettre en place une palette d’outils nécessaire pour atteindre l’objectif attribué à la forêt : conservation ou production de bois. Il s’agit de pouvoir conserver la forêt tout en favorisant le développement socio-économique local. Il faut trouver le bon compromis entre la production et la conservation et entre les revenus des différents acteurs.

Comment les plans d’aménagement ont-ils évolué ces dernières années ?

A. B. : Les premiers plans avaient pour objectif de valoriser la forêt au travers de la production de bois. Depuis Rio, les enjeux sociaux, économiques et environnementaux ont ajouté de nouvelles dimensions à l’outil, en y intégrant autant de moyens nouveaux pour valoriser la forêt. Aujourd’hui, le maintien de la biodiversité ou encore la prise en compte des enjeux sociaux entrent dans la satisfaction de normes permettant d’obtenir un certificat de gestion durable. Ce sont des préoccupations nouvelles pour les exploitants. Par exemple, les entreprises d'Afrique centrale investissent dans la qualité de leurs bases-vie : l'amélioration de l'habitat, la gestion de l'eau potable ou des déchets domestiques, etc. Ce type d’actions fait partie des conditions d’obtention de la certification, qui sont entrées en jeu depuis cinq ans. Les plans d’aménagement ont également conduit les Etats à s’impliquer vivement dans la gestion de leurs forêts. En effet, les Etats en sont les propriétaires et concèdent l’exploitation des forêts à des entreprises en échange de taxes prenant en compte la production et la location. Ce lien contractuel de long terme, de 15 à 30 ans, a notamment permis aux industriels d’effectuer des investissements plus lourds qu’auparavant, tels que ceux nécessaires à la certification

On se dirige aujourd’hui vers la mise en place de mécanismes de paiement pour service environnementaux proposés par les forêts. Comment les plans d’aménagement intègreront-ils cette nouvelle donne ?

A. B. : Nos équipes de recherche analysent à l’heure actuelle ces mécanismes et contribuent aux débats mondiaux sur leur mise en place. Ils concernent la biodiversité et, plus récemment, pourraient conduire à rémunérer les pays qui réduiront la déforestation et la dégradation de leurs forêts pour limiter leurs émissions de carbone. Un partenariat stratégique a été établi avec le Cifor sur ces questions émergentes. La question est par exemple de savoir quels seront les impacts sociaux et économiques de la rémunération d’un Etat qui acceptera de réduire la déforestation, pour l’industrie forestière mais aussi pour tout le secteur agricole familial en forêt. Les débats sont vifs : derrière le questionnement se cachent des sommes gigantesques.

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