27/01/2009 - Article
La France et le Brésil ont signé fin décembre 2008 un accord bilatéral de coopération portant sur le développement durable de l’Amazonie. Le Cirad sera étroitement associé à sa mise en œuvre notamment dans les domaines de la sylviculture, de la valorisation et de la conservation de la forêt.
A l’aube de l’année de la France au Brésil, les ministres français et brésiliens des Affaires étrangères, Bernard Kouchner et Celso Amorim, ont signé, le 23 décembre 2008 à Rio de Janeiro, en présence des présidents Sarkozy et Lula, un protocole de coopération portant sur le développement durable de l’Amazonie. Le thème fait partie des sept axes retenus dans le cadre d’un partenariat stratégique entre la France et le Brésil. Pour Philippe Petithuguenin, directeur régional du Cirad au Brésil, « c’est aussi la première fois que le gouvernement brésilien signe un accord bilatéral avec un pays étranger au sujet de ce thème considéré comme diplomatiquement délicat ».
Le Cirad a été fortement impliqué dans la préparation et la négociation de cet accord, en relation avec les services de l’ambassade de France au Brésil et avec les ministères français concernés. L’établissement et ses chercheurs seront également étroitement associés à sa mise en œuvre.
Les activités de recherche actuellement menées par le Cirad au Brésil trouveront naturellement leur place au centre des actions prioritaires ciblées par le protocole. Il s’agira notamment de tendre vers une sylviculture améliorée des forêts naturelles afin de ne pas exploiter plus de bois ou d’autres produits que la forêt ne peut en produire. « Le Cirad bénéficie d’une forte expérience dans ce domaine, acquise en particulier en Guyane », explique Bernard Mallet, directeur adjoint du département Environnements et sociétés du Cirad. La valorisation des produits forestiers doit par ailleurs être renforcée et accompagnée. Elle concerne le bois d’œuvre mais également le bois énergie qui constitue un marché ayant entraîné jusqu’alors, dans certaines régions, une déforestation élevée. Dans cette optique, l’étude prospective « Plantations et bois énergie » menée par le Cirad et ses partenaires sur un financement de l’AFD, vise à définir les modalités de développement économique de la production de bois énergie. « Cela passe par le développement durable de plantation, dans une perspective de développement territorial, et la valorisation des déchets d’exploitation », précise Bernard Mallet.
L’intégration des composantes forestières dans la gestion des espaces agricoles fera partie des priorités de recherche de l’établissement. Les agriculteurs amazoniens ont en effet pour obligation de conserver à l’état de forêt entre 50 et 80 % des terres qui leur sont allouées. La question est de gérer ces rémanents de forêts tout en permettant aux agriculteurs d’y voir un intérêt économique. C’est l’objectif du projet Floagri, mené par le Cirad et ses partenaires. L’analyse des interactions dans les zones de front pionnier, entre agricultures et forêts, demeureront également parmi les sujets d’étude des chercheurs.
Enfin, de façon plus large, le Cirad prend part aux études sur la valorisation des services environnementaux des écosystèmes forestiers. En effet, si les nouveaux mécanismes de paiement pour service environnementaux tels que le MDP (mécanisme de développement propre) ou la REDD (réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation) sont au cœur des discussions internationales, leur mise en œuvre pose encore de nombreuses questions.
L’accord fournit un cadre pour la coopération en recherche scientifique, la formation, les missions, l’accès aux résultats, l’échange de matériel biologique, ainsi que pour le partage avec les communautés locales des bénéfices provenant d’éventuelles innovations.