Alain Karsenty
Montpellier, France
Courriel
07/12/2009 - Article
Les débats en vue d’un accord sur l’après-Kyoto débutent aujourd’hui à Copenhague. La question du mécanisme de paiement contre déforestation évitée, Redd, devrait y être centrale. Retrouvez, dans le premier numéro de Perspective, l’analyse et les propositions d’Alain Karsenty, chercheur au Cirad.
Le problème de la déforestation, source majeure d’émission de gaz à effet de serre, concerne essentiellement les pays du Sud. Or, ces pays ne sont pas tenus à des réductions chiffrées de leurs émissions par le protocole de Kyoto. Longtemps resté en marge des négociations, le programme Redd – de réduction des émissions due à la déforestation et à la dégradation des forêts – devrait, durant la conférence Climat à Copenhague du 7 au 18 décembre 2009, tenir la tête d’affiche dans les débats. Il draine cependant plusieurs questions épineuses sur lesquelles il sera difficile de trancher. Sur quel scenario de référence se fonder, sachant que la déforestation n’est pas constante dans le temps ? Faut-il retenir un mécanisme de marché ou bien alimenter le financement de la réduction par un fonds international ? Comment s’assurer que la rémunération récompensera une réduction qui n’aurait pas eu lieu sans une politique lui étant dédiée ?
Alain Karsenty propose, dans le premier numéro de Perspective, synthèse en quatre pages éditée par le Cirad, une analyse de ces questions, détaillant les différents cas de figure. Selon l’expert, l’intégration de la forêt dans le marché du carbone n’est pas la solution. Le succès se trouve en revanche dans le financement de politiques et de mesures structurelles (réformes foncières, politiques agricoles, gouvernance…), couplé avec des programmes de paiement pour services environnementaux à grande échelle. L’idée est d’investir dans des pratiques agraires plus intensives et écologiques épargnant le couvert forestier. « La formule d’un fonds international appuyant des politiques de transformation agro-foncières est la seule qui permette de s’attaquer aux causes structurelles du déboisement et de financer des réformes dont l’impact sur la déforestation ne peut être directement et immédiatement mesuré – ce que le marché ne peut pas faire », affirme-t-il.
Alain Karsenty
est économiste au Cirad. Il travaille sur les réformes des politiques publiques affectant les forêts, le foncier et l’environnement dans les pays en développement, en particulier en Afrique centrale.
Déforestation et changement climatique : agir sur les causes.
Ce que le marché carbone ne peut faire…
Alain Karsenty
Perspective
n°1
Cirad, 2009